
17 fois primées au Concours Général Agricole, les huîtres de la Maison Jégat, produites de façon naturelle, sont reconnues pour leur qualités gustatives, mais pas que. Yvonnick Jégat, 1er ostréiculteur certifié « Valeurs Parc Naturel Régional », perpétue en effet à Arradon un savoir-faire familial ancestral. Ce passionné a fait de la préservation de l’huître plate et du respect du vivant les piliers de son métier. Son expertise et son engagement font aussi de lui, via Comité Régional de Conchyliculture, un interlocuteur privilégié de l’édition 2027 de la Semaine du Golfe du Morbihan où la conchyliculture sera à l’honneur.
Dans la famille Jégat, on est ostréiculteur de père en fils depuis 3 générations. Yvonnick a pourtant tenté une tout autre carrière, parisienne de surcroit, mais ses racines, la mer, le Golfe du Morbihan et ses propres valeurs ont été plus forts.
À 24 ans, il rejoint son père dans l’entreprise familiale, fondée en 1925. Cette décision ne tient pas seulement à l’attrait de ce métier, rude, soumis notamment aux aléas climatiques et environnementaux. Le jeune homme veut défendre et développer un savoir-faire ancestral : la production traditionnelle, à même le sol, à partir de naissains nés en mer. Une pratique exigeante, qui demande patience, observation et capacité d’adaptation.
L’huître oubliée
Aujourd’hui à la tête d’une exploitation de 45 hectares située entre l’île d’Arz, Arradon et la baie de Quiberon, Yvonnick Jégat produit des huîtres plusieurs fois primées et reconnues pour leur qualité. Mais ce qui le distingue le plus est sans nul doute son combat pour la préservation de l’huître plate.
Surpêchée et attaquée par des parasites, l’huître plate, espèce endémique du Golfe du Morbihan et des côtes françaises, a failli disparaître fin des années 70. Elle fut alors remplacée par l’huître creuse asiatique, à croissance plus rapide, moins fragile et désormais présente dans toutes les exploitations du territoire. La famille Jégat ne déroge pas à cette règle, mais, avec son père, Yvonnick a toujours cherché à préserver cet historique coquillage. « C’est l’huître que mangeaient nos grands-parents et nos parents. Certains producteurs dont mon père ont bataillé pour sauver ce coquillage. Aujourd’hui elle ne représente que 1,5 à 1,8% de la production globale française, mais c’est essentiel de la préserver. »
Prendre soin du vivant, au sens large
L’engagement d’Yvonnick Jégat ne se limite pas à son exploitation. Il fédère six autres exploitants aux valeurs communes au sein du GOMEX (Groupement Ostréicole MORBIHANNAIS d'Exploitation en Commun) et n’hésite pas à prendre position contre les huîtres issues d’écloseries, notamment les triploïdes : un mode d’exploitation plus rentable, au détriment de la richesse génétique et de la qualité du produit.
Bref, ce Morbihannais de 59 ans porte ses valeurs avec une passion communicative et espère que la génération suivante prendra le relais. En attendant, il poursuit son combat, parce que préserver des méthodes traditionnelles de culture, c’est prendre soin du vivant, au sens large.
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